La haine mériterait qu'on élève un monument à sa gloire.
La question de savoir si
les guerres ont un sens a longtemps partagé
les philosophes en deux camps distincts. D'un côté
les pessimistes soupçonnent
l'Homme d'être
mauvais bougre par nature. De l'autre côté,
les optimistes. Pour eux, ce sont les conditions de l'existence de
l'Homme qui le poussent à entrer en c
onflit avec son prochain. La
haine entre
les peuples n'est donc pas
incurable. Mieux encore :
Les conflits entre les Hommes sont peut-être l'instrument dont se sert la nature pour faire progresser l'humanité.Kant donne une belle image pour illustrer ce phénomène étrange : n'avez-vous jamais remarqué qu'une arbre, lorsqu'il est seul au milieu d'un champ et qu'il a toute la place pour pousser, est la plupart du temps tordu ? Tandis que, dans la forêt, lorsque les arbres sont si nombreux et si rapprochés qu'ils doivent se battre pour avoir de la lumière, ils poussent droit ?Ce que Kant veut nous montrer par là, c'est que les tiraillements entre les Hommes peuvent être féconds. Plus ous nous faisons concurrence, plus nous sommes appelés à
pousser droit et à
nous élever. Manière habile de se réconforter devant le spectacle de la
barbarie ?
Une piste, quoi qu'il en soit, pour ne pas prendre la haine en haine.